Je suis contente de mon œuvre.
Cela ne signifie pas qu'elle est parfaite. Loin de là.
Pourrai-je un jour égaler les autres ?
Je suis noyée par le doute. Je coule dans les abysses de la médiocrité.
En fin de compte, je me sens ridiculement petite et minable.
Suis-je encore capable de progrès, pour remonter à la surface ?
Je ne suis pas aussi bonne en dessin que je le croyais.
Quand je regarde ceux qui m'entourent, je m'aperçois que je suis même très moyenne.
La nullité est un vilain défaut.
Etre nul, c'est n'être ni bon ni mauvais, c'est ne pas être. Paradoxal, non ?
Ce serait si facile de tout laisser tomber.
"Ça suffit j'abandonne, je ne suis pas capable" ai-je maintes fois pensé.
Je ne serai jamais à la hauteur, mais je ne peux m'empêcher de continuer.
Espoir.
... D'y arriver un jour, de réussir dans un domaine, de trouver un sens à ma vie, de pouvoir être fière de quelque chose, de ne plus me sentir à la traîne.
La lueur de l'espoir est parfois aussi celle de la folie.
Trop réfléchir me rend malade.
Regarder, seulement voir. Cette partie de mon âme posée sur du papier. Ne plus penser à rien.
Me perdre dans la contemplation de moi, comme Narcisse dans son reflet.
Ne plus pouvoir détacher le regard de Mes traits de crayon.
Aimer Mes dessins, juste parce que Je les ai créés.
C'est moi qui ai fait ça.
Je suis contente de mon œuvre.

